Mille petits riens, Jodi Picoult

Mille petits riens, Jodi Picoult

 

Merveilleuse lecture que je viens d’achever à l’instant, non seulement l’écriture est précise, agréable et terriblement efficace, l’histoire est passionnante et le sujet du racisme traité de façon particulièrement originale. Ce livre est un coup de cœur.

Ruth est une infirmière noire parfaitement intégrée, son métier la passionne et sa tâche de mère d’un jeune Edison, brillant élève de 17 ans, la réjouit chaque jour. Pour lui donner un maximum de chance, elle habite dans un quartier blanc de Manhattan. La seule ombre au tableau est la perte de son mari quelques années auparavant, soldat en Afghanistan.

Mais un jour, sa vie tourne au cauchemar. Ce jour-là, elle entre dans la chambre d’une jeune accouchée, Brit et son mari Turk, deux suprémacistes blancs qui vont exiger de l’hôpital que Ruth ne s’occupe pas de leur bébé.

Le lendemain, à l’issue de sa circoncision, le petit Davis est pris de malaise sous les yeux de Ruth.

La descente aux enfers ne fait que commencer pour elle.

Le roman est écrit à la première personne et les chapitres sont remplacés par les noms des trois protagonistes principaux : Ruth l’infirmière, Turk le suprémaciste, et l’avocate Kennedy. Le récit est absolument passionnant car il met en scène, au travers de chacune des voix, les visions et les souffrances des individus. Pourquoi pense-t-on certaines choses ? Qu’est-ce qui nous modèle en fin de compte.

L’auteur montre un autre visage du racisme, le visage ordinaire de chacun de nous. Celui qui permet aux préjugés de continuer ses ravages. Et pour nous faire comprendre cela, elle fait le choix d’exposer un autre visage, extrême, violent, inhumain, le visage haineux de ce couple de suprémacistes qui, à coup sûr, est décrié par les gens ordinaires, les bien-pensants qui ne se sentent absolument concernés par de telles attitudes, par ce racisme ultra-violent, sans comprendre que le leur est plus sournois. Ils sont en définitive perclus de préjugés qui les empêchent de voir la Vérité. J’ai trouvé cette approche très originale et la fin du roman est également surprenante.

Je ne saurais que vous recommander ce roman qui vous plonge dans plusieurs univers, extrêmement bien décrits et documentés, la vie d’une femme noire, la haine d’un suprémaciste et la justice américaine toujours empreinte de préjugés.

C’est le genre de livre qui vous rend meilleur et plus intelligent en le refermant. Car oui, nous jugeons les situations des autres en fonction de notre vécu. Alors, se mettre dans la peau d’une femme noire quand on est blanche est un exercice beaucoup plus compliqué qu’il n’y parait de prime abord. Et Kennedy en fera les frais. Mais elle en sortira grandie.

L’auteure réussit le tour de force de cerner ces « mille petits riens » qui humilient chaque jour, insidieusement, des personnes à cause de leur couleur de peau, mais elle montre en substance que c’est grâce aussi à de petites choses quotidiennes que l’on finira par changer les mentalités.

À mettre entre toutes les mains

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